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CRÉATION POÉTIQUE PERSONNELLE : PÉPITES EMPORTÉES
Un recueil de 50 poèmes choisis parmi des centaines.
Pépites emportées par le vent, à travers portes et portiques, savant désordre organisé dont l'auteur seul détient les clefs. Étapes vraies, rêves inachevés et fictions douces-amères... |
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L'amour s'écrie
L'amour, pour exister, a besoin de grand air :
D'espaces infinis, du regard des passants.
L'amour, pour s'incarner, a besoin d'être fier :
Se montrer, s'afficher, avancer en criant.
L'amour, s'il veut durer,
Fleurir,
Se colorer,
Ne jamais se tarir,
Doit pouvoir respirer
Et se dire.
L'amour
A besoin de lumière.
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Ancritude Savoir que l'on pourra dans la pire tempête
En appeler à soi, à l'être de son être.
Résister pied à pied et savoir tenir tête
À tous les cauchemars qui voudraient apparaître.
Savoir qu'au plus profond des rouleaux écumants
Subsiste encore un lieu, une ancre imperturbable
Reliée à l'esquif par un doux fil d'argent,
Ariane ballottée aux rochers imprenables.
Savoir, le coeur en paix, accepter, se soumettre,
Mais pour mieux rebondir. Vivre sans dieu, ni maître.
Et reconnaître en soi ce qui était caché,
Égaré dans le rien, dans le vide ensablé :
Savoir que si la terre, entêtée, reste ronde,
La vie peut triompher de ses eaux furibondes.
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Les Poires
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Il était une fois une poire :
Une poire bizarre
Égarée dans un cageot carré.
Ses voisines riaient,
Ses cousines pouffaient,
Elles roulaient, tanguaient,
S'amusaient ces coquines
Aux grosses fesses rebondies.
Elle, par quelle maladie
En cube, avait-elle grandi ?
Blottie dans un coin sombre
De son cachot carré,
Elle entendait ses soeurs
La mépriser... elle avait peur !
Elle était si belle pourtant,
Vêtue de sa robe arlequin,
Son costume Rubik...
Magnifique...
Elle rêvait d'un cageot rond :
Oh ! comme il serait beau
Ce palais, ce giron !
Elle pleurait, ses soeurs dansaient...
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Lorsqu'elles voulurent se marier,
Toutes, sauf elle,
Le cuisinier, la toque au front
Les habilla, sans haine,
En poires Belle-Hélène.
Ce fut leur fin : elles disparurent,
Dévorées par des goinfres sans faim.
Elle, il l'attrapa,
La regarda,
Et se mit à jouer
De toutes ses recettes
Pour lui plaire et lui faire adorer
Les délices de ses meilleurs nectars,
Lui jurant, à elle,
Si gente damoiselle, si peu ordinaire,
Chamarrée de facettes,
Que jamais plus aucun glouton,
La confondant
Avec un vulgaire croûton,
Ne prétendrait s'empiffrer d'elle.
Mais que toujours, lui, l'aimerait,
Et même, si elle voulait,
C'est elle qui le mangerait.
C'est elle qui, toujours,
Choisirait à qui elle se prêterait. |
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Copyright © 2003 Pierre Rouve |
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